One must imagine the Quebec winter before industrialization: outdoor work becomes rare, households need furniture, ornaments, and toys for children. In this suspended time, hands begin to carve wood, without school, without a master, with no other ambition than the pleasure of the gesture. This is where Quebec folk art is born.
Il faut imaginer l’hiver québécois d’avant l’industrialisation : le travail extérieur se fait rare, les maisonnées ont besoin de mobilier, d’ornements, de jouets pour les enfants. Dans ce temps suspendu, des mains se mettent à tailler le bois, sans école, sans maître, sans autre ambition que le plaisir du geste. C’est de là que naît l’art populaire québécois.
Il faut imaginer l’hiver québécois d’avant l’industrialisation : le travail extérieur se fait rare, les maisonnées ont besoin de mobilier, d’ornements, de jouets pour les enfants. Dans ce temps suspendu, des mains se mettent à tailler le bois, sans école, sans maître, sans autre ambition que le plaisir du geste. C’est de là que naît l’art populaire québécois.

For a long time, this gesture remains invisible to the eyes of institutions. Then, between the two wars, something shifts. Quebec seeks to define itself and turns towards its own roots.
In 1937, the government entrusted Jean-Marie Gauvreau with a large survey on traditional know-how. Popular sculpture finally finds its place there. Around the same time, in Saint-Jean-Port-Joli, the Bourgault brothers turn a family workshop into a true school: one dedicates himself to religious sculpture, while the other two focus on scenes from the local culture. A new generation is being formed there.

Pendant longtemps, ce geste reste invisible aux yeux des institutions. Puis, entre les deux guerres, quelque chose bouge. Le Québec cherche à se définir, et se tourne vers ses propres racines.
En 1937, le gouvernement confie à Jean-Marie Gauvreau une grande enquête sur les savoir-faire traditionnels. La sculpture populaire y trouve enfin sa place. À la même époque, à Saint-Jean-Port-Joli, les frères Bourgault font d’un atelier familial une véritable école: l’un se consacre au sculptural religieux, les deux autres, aux scènes du terroir. Une relève s’y forme.

Pendant longtemps, ce geste reste invisible aux yeux des institutions. Puis, entre les deux guerres, quelque chose bouge. Le Québec cherche à se définir, et se tourne vers ses propres racines.
En 1937, le gouvernement confie à Jean-Marie Gauvreau une grande enquête sur les savoir-faire traditionnels. La sculpture populaire y trouve enfin sa place. À la même époque, à Saint-Jean-Port-Joli, les frères Bourgault font d’un atelier familial une véritable école: l’un se consacre au sculptural religieux, les deux autres, aux scènes du terroir. Une relève s’y forme.
However, it took until 1974 for a real shift to occur. The book Les Patenteux du Québec, changes the perspective on these creators: we stop seeing them as just folklore and begin to recognize an individual, inventive expression in its own right. The gosseux, the patenteux, cease to be a regional curiosity — they become artists.
Il faudra pourtant attendre 1974 pour qu’un vrai basculement s’opère. Le livre Les Patenteux du Québec, change le regard porté sur ces créateurs : on cesse d’y voir du folklore pour y reconnaître une expression individuelle, inventive, à part entière. Le gosseux, le patenteux, cessent d’être une curiosité régionale — ils deviennent des artistes.
Il faudra pourtant attendre 1974 pour qu’un vrai basculement s’opère. Le livre Les Patenteux du Québec, change le regard porté sur ces créateurs : on cesse d’y voir du folklore pour y reconnaître une expression individuelle, inventive, à part entière. Le gosseux, le patenteux, cessent d’être une curiosité régionale — ils deviennent des artistes.
It is in this lineage that Adrien Levasseur inscribes himself starting from the 2000s: not as a historian of folk art, but as someone who went door to door, listened to stories, photographed basement and garage workshops, and gave this movement a visibility it had never had.
His own books are now among the references cited by the Cultural Heritage Directory of Quebec — alongside the pioneers who preceded him.
C’est dans cette filiation qu’Adrien Levasseur s’inscrit à partir des années 2000 : non pas comme historien de l’art populaire, mais comme celui qui est allé frapper aux portes, écouter les histoires, photographier les ateliers de sous-sol et de garage et donner à ce mouvement, une visibilité qu’il n’avait jamais eue.
Ses propres livres figurent aujourd’hui parmi les références citées par le Répertoire du patrimoine culturel du Québec — aux côtés des pionniers qui l’ont précédé.

C’est dans cette filiation qu’Adrien Levasseur s’inscrit à partir des années 2000 : non pas comme historien de l’art populaire, mais comme celui qui est allé frapper aux portes, écouter les histoires, photographier les ateliers de sous-sol et de garage et donner à ce mouvement, une visibilité qu’il n’avait jamais eue.
Ses propres livres figurent aujourd’hui parmi les références citées par le Répertoire du patrimoine culturel du Québec — aux côtés des pionniers qui l’ont précédé.
Folk art continues to reinvent itself — in a more digital era. The same creative energy that fueled yesterday's "gosseux" simply finds new faces and new media to introduce and rediscover the works.
L’art populaire continue de se réinventer — dans une ère davantage numérique. La même énergie créatrice qui animait les "gosseux" d’hier trouve simplement de nouveaux visages et de nouveaux médias pour faire découvrir et redécouvrir les oeuvres.
L’art populaire continue de se réinventer — dans une ère davantage numérique. La même énergie créatrice qui animait les "gosseux" d’hier trouve simplement de nouveaux visages et de nouveaux médias pour faire découvrir et redécouvrir les oeuvres.
1830 - 1910
THE UTILITY
1910 - 1960
1960 - 1975
RELIGION
Religion continues to play a predominant role within the Church in the post-war period. Many dedicate their time to volunteer activities in churches. A blend of spirituality, practices, and unusual elements gains traction. It is during this time that figures such as Richard, Chatigny, Arbour, Allary, Desmeules, and Fournier become notable. The collection of works is not yet widespread. Researchers become interested in this emerging phenomenon.
1962 - 1966
THE REFORMS
The arrival of Vatican II (1962-1965) shakes up religious practices. Likewise, the Castonguay-Neveu Commission in 1966 introduces significant changes. The educational reform (1960-1969) also plays a major role in this transformation. Quebec undergoes a profound change, marked by the "Quiet Revolution," which reaches its peak in 1966. At the same time, modernism expands and tools become more refined. Some artisans thrive and become aware of their capacity to truly create art.
1975 – 2017
CREATION
The emphasis is now on creation. New talents emerge, and long-forgotten masterpieces are rediscovered. This form of folk art, created by individuals without artistic training and often designed for immediate pleasure, begins to be truly valued. Specialists take an interest in the works, highlighting the art itself rather than the creators.
The quest to recover these masterpieces leads to increased auctions, allowing artisans to step out of the shadows of their basements and garages. Antiquarians, museums, and collectors rush to seek out this new form of artistic expression, characterized by its simplicity and naivety.
2017 – today
TRANSMISSION
Although this form of folk art provokes divergent opinions and is sometimes rejected by some, it nevertheless asserts itself as an essential element of the artistic landscape, reflecting transformations and eras.
The opening of the folk art center in Plaisance in 2022 illustrates a desire to introduce this art form to a wider audience, particularly the young, and to pass on a part of their history.
The Gali baba creations also aim to integrate folk art into the digital sphere and new media.
1830 - 1910
L'UTILITAIRE
1910 - 1960
1960 - 1975
LA RELIGION
La religion continue de jouer un rôle prépondérant au sein de l'Église dans l'après-guerre. De nombreuses personnes consacrent leur temps à des activités bénévoles dans les églises. Un mélange de spiritualité, de pratiques et d’éléments insolites prend de l'ampleur. C'est à cette époque que des figures telles que Richard, Chatigny, Arbour, Allary, Desmeules et Fournier se distinguent. La collection d'œuvres n'est pas encore répandue. Les chercheurs s'intéressent à ce phénomène émergent.
1962 - 1966
LES RÉFORMES
L'arrivée de Vatican II (1962-1965) bouleverse les pratiques religieuses. De même, la Commission Castonguay-Neveu en 1966 introduit des changements significatifs. La réforme scolaire de l'éducation (1960-1969) joue également un rôle majeur dans cette transformation. Le Québec traverse une profonde mutation, marquée par la "Révolution tranquille", qui atteint son apogée en 1966. Parallèlement, le modernisme s'étend et les outils se perfectionnent. Certains artisans s'épanouissent et prennent conscience de leur capacité à créer véritablement de l'art.
1975 – 2017
LA CRÉATION
L'accent est désormais mis sur la création. De nouveaux talents émergent et des chefs-d'œuvre, longtemps oubliés, sont redécouverts. Cette forme d'art populaire, créée par des individus sans formation artistique et souvent conçue pour le plaisir immédiat, commence à être véritablement valorisée. Les spécialistes s'intéressent aux œuvres, mettant en avant l'art lui-même plutôt que les créateurs.
La quête pour retrouver ces chefs-d'œuvre entraîne une augmentation des enchères, permettant aux artisans de sortir de l'ombre de leurs sous-sols et garages. Antiquaires, musées et collectionneurs se précipitent à la recherche de cette nouvelle forme d'expression artistique, caractérisée par sa simplicité et sa naïveté.
2017 – aujourd'hui
LA TRANSMISSION
Bien que cette forme d'art populaire suscite des opinions divergentes et soit parfois rejetée par certains, elle s'affirme néanmoins comme un élément essentiel du paysage artistique, reflétant les mutations et les époques.
L'ouverture du centre d'art populaire à Plaisance en 2022 illustre une volonté de faire découvrir cette forme d'art à un public plus large, en particulier aux jeunes, et de leur transmettre une part de leur histoire.
Les créations Gali baba, visent également à intégrer l'art populaire dans la sphère numérique et les nouveaux médias.
1830 - 1910
L' UTILITAIRE AVANT TOUT
1910 - 1960
1960 - 1975
L'INFLUENCE DE LA RELIGION
La religion continue de jouer un rôle prépondérant au sein de l'Église dans l'après-guerre. De nombreuses personnes consacrent leur temps à des activités bénévoles dans les églises. Un mélange de spiritualité, de pratiques et d’éléments insolites prend de l'ampleur. C'est à cette époque que des figures telles que Richard, Chatigny, Arbour, Allary, Desmeules et Fournier se distinguent. La collection d'œuvres n'est pas encore répandue. Les chercheurs s'intéressent à ce phénomène émergent.
1962 - 1966
LA PÉRIODE DES RÉFORMES
L'arrivée de Vatican II (1962-1965) bouleverse les pratiques religieuses. De même, la Commission Castonguay-Neveu en 1966 introduit des changements significatifs. La réforme scolaire de l'éducation (1960-1969) joue également un rôle majeur dans cette transformation. Le Québec traverse une profonde mutation, marquée par la "Révolution tranquille", qui atteint son apogée en 1966. Parallèlement, le modernisme s'étend et les outils se perfectionnent. Certains artisans s'épanouissent et prennent conscience de leur capacité à créer véritablement de l'art.
1975 – 2017
L'ÉVEIL DE L'ART POPULAIRE
L'accent est désormais mis sur la création. De nouveaux talents émergent et des chefs-d'œuvre, longtemps oubliés, sont redécouverts. Cette forme d'art populaire, créée par des individus sans formation artistique et souvent conçue pour le plaisir immédiat, commence à être véritablement valorisée. Les spécialistes s'intéressent aux œuvres, mettant en avant l'art lui-même plutôt que les créateurs.
La quête pour retrouver ces chefs-d'œuvre entraîne une augmentation des enchères, permettant aux artisans de sortir de l'ombre de leurs sous-sols et garages. Antiquaires, musées et collectionneurs se précipitent à la recherche de cette nouvelle forme d'expression artistique, caractérisée par sa simplicité et sa naïveté.
2017 – aujourd'hui
L'ÈRE DE LA TRANSMISSION
Bien que cette forme d'art populaire suscite des opinions divergentes et soit parfois rejetée par certains, elle s'affirme néanmoins comme un élément essentiel du paysage artistique, reflétant les mutations et les époques.
L'ouverture du centre d'art populaire à Plaisance en 2022 illustre une volonté de faire découvrir cette forme d'art à un public plus large, en particulier aux jeunes, et de leur transmettre une part de leur histoire.
Les créations Gali baba, visent également à intégrer l'art populaire dans la sphère numérique et les nouveaux médias.