L’art populaire québécois ne s’est pas construit seul. Derrière chaque geste transmis, il y a des familles, des passeurs, des générations de créatrices et créateurs — ainsi que des institutions qui continuent, aujourd’hui encore, à conserver et à faire connaître ce patrimoine.
3 familles, une même transmission de l'art populaire québécois
Dans les années 1920, à Saint-Jean-Port-Joli, trois frères — Médard, André et Jean-Julien Bourgault — se mettent à sculpter le bois par nécessité, puis par vocation. En 1940, leur atelier devient la première école de sculpture de la région, qui deviendra la « capitale de la sculpture sur bois » du Québec. Cette transmission familiale se poursuit encore aujourd’hui, sur plusieurs générations.

À la même époque, dans Charlevoix, la famille Bouchard de Baie-Saint-Paul suit un chemin semblable : réunis autour d’un même atelier familial, plusieurs frères et sœurs deviennent, chacun à leur façon, des figures marquantes de la sculpture et de la peinture naïve. Comme les Bourgault, les Bouchard comptent aujourd’hui parmi les deux familles les plus reconnues de l’art populaire québécois.
Du coté de Portneuf, à Saint-Ubalde, la famille Richard apporte une contribution historique d'une tout autre nature en marquant le passage du "Gossage" utilitaire à un art d'expression pure. Initiée par le pionnier Damasse, puis portée par son fils Wilfrid, cette lignée a largement contribué à faire reconnaître le créateur rural, non plus à travers un simple passe-temps fonctionnel, mais comme un artiste à part entière, conférant ses lettres de noblesse à l'art brut québécois. De plus, les Richard constituent un repère ethnologique exceptionnel : alors que l'art populaire est presque toujours le fait d'individus isolés, leur trajectoire offre l'exemple unique d'un savoir faire, d'un imaginaire et d'outils transmis de manière organique sur quatre générations.
D’autres institutions jouent un rôle tout aussi essentiel, celui de conserver et d’étudier ce patrimoine à grande échelle. Le Musée canadien de l’histoire, à Gatineau, abrite la collection léguée par Nettie Covey Sharpe — près de 3000 pièces d’art populaire québécois, l’une des plus importantes au pays, à laquelle le musée a consacré une exposition d’envergure. Le Musée de la civilisation, à Québec, conserve pour sa part une vaste collection ethnographique qui documente elle aussi la richesse de cette tradition.
C’est dans cette communauté vivante — familles de sculpteurs, lieux de diffusion, grandes collections patrimoniales — que s’inscrit aujourd’hui Les Créations Gali baba. Elle poursuit un travail de reconnaissance porté par plusieurs générations de créateurs, de chercheurs et de passeurs — Adrien Levasseur en ayant été l’un des catalyseurs les plus engagés.
Le Centre d’art populaire du Québec, à Plaisance en Outaouais, installé dans un bâtiment patrimonial, présente les créateurs québécois d’hier et d’aujourd’hui à travers ses expositions permanentes et temporaires, et organise chaque année le Rendez-vous de l’art populaire.
Le Musée POP, à Trois-Rivières, et le Musée de Charlevoix, à La Malbaie, complètent ce réseau de lieux vivants, qui continuent d’inviter de nouveaux créateurs et de faire connaître cet art à un public toujours plus large.
Chaque mois, nous mettrons en lumière un artisan, une œuvre ou un savoir-faire exceptionnel afin de vous faire découvrir des créations ou des parcours inspirants. Revenez nous voir !